Le vent s'épuise
et soulève les branches,
jupes de verdure
La vallée impudique,
exhibe son pubis sombre,
forêt de sapins, tendrement enlacée
au creux des formes rondes
Le tourbillon redouble
sur l'océan des pins,
impavides et charnus
A l'abri du rocher,
au silence d'un instant de ténèbres,
les vagues immobiles des crêtes alentour
apaisent mon âme de leurs plis reposés
Le temps coule imperturbable,
insensible à l'agitation brouillonne
des bourrasques humides
La plaine, déroulée de vert,
s'offre, soumise, aux giboulées glacées,
paysage immuable, aujourd'hui bousculé
par le vent qui l'agite
A l'océan des pins,
aux mouettes absentes,
l'hirondelle, à l'abri,
néglige le ciel, vide de silence
Sur le flanc du coteau, abrupt,
la sapinière déferle et roule au galop
sur la plaine inondée de feuillage,
aux limes d'or
des champs de blés moissonnés
La campagne s'étale à marée basse,
flanquée de clochers piqués
tels des moulières
où s'accrochent
les demeures alentour
Le vent s'est tu.
La vigne peignée
comme un varech détrempé,
se gorge du soleil retrouvé,
avide de ce qui la féconde
Cramponnés à l'incertitude fugace
d'un morceau de lichen étonné,
quatre brins d'herbes
se balancent doucement
au rythme de la brise apaisée
Orage sur les Vosges
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